Le palo santo, la sauge blanche et leur impact écologique

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Pourquoi vous devriez vous passer de palo santo et sauge blanche

Alors que l’été se termine en laissant doucement place au mois de septembre, je vous propose de vous interroger sur votre manière de vivre la spiritualité. De nos jours, qui n’a jamais entendu parler du Palo santo et de la Sauge blanche ? Très largement popularisés par de nombreux comptes Instagram prônant l’éveil spirituel et le bien-être, ils sont au cœur de pratiques très répandues. Méditation, purification de sa maison, nettoyage des énergies stagnantes… Ces plantes, bien qu’efficaces, rencontrent une popularité croissante dans les pays occidentaux. Et la très forte demande impacte de plus en plus les populations qui usent de ces végétaux sacrés dans leurs rituels traditionnels, d’un point de vue environnemental en premier lieu. D’où viennent la sauge blanche et le palo santo ? Comment, et pourquoi s’en passer dans sa pratique quotidienne ? Dans cet article, je vous parle de l’impact environnemental méconnu de la récolte et l’utilisation de ces plantes, et comment s’en passer ! 

Les origines et pratiques dont sont issues le Palo Santo et la Sauge Blanche

Si vous vous intéressez à la spiritualité de manière générale, vous avez forcément déjà entendu parler de la sauge blanche et du palo santo. La pratique du smudging s’est répandue de façon exponentielle avec la période du covid, et on trouve aujourd’hui très facilement ces végétaux sur diverses boutiques en ligne. Mais d’où viennent-ils, et de quelle culture sont-ils issus ? Avant de parler de surexploitation, il est bon de répondre à cette question.

  • Le Palo Santo ou Bursea graveolens, est un arbre sauvage que l’on trouve au Mexique, Pérou, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Îles Galapagos et Equateur. Son cycle de vie dure de 50 à 70 ans : lorsque l’arbre meurt, les populations autochtones récoltent son essence. Elle est ensuite utilisée lors de rituels impliquant des pratiques de fumigation. Cet arbre provient de la forêt tropicale sèche, et donc d’une zone menacée. Les communautés qui usent du palo santo dans leurs pratiques traditionnelles expliquent que le bois sacré doit être récolté par un chaman, pour s’assurer du bon déroulement du rituel tout en garantissant la préservation de l’environnement du Bursea. 
  • La Sauge blanche ou salvia apiana pousse de manière sauvage, dans certaines régions du nord du Mexique et du sud de la Californie. C’est une plante sacrée, utilisée notamment par les Premières Nations à des fins de purifications. Lors de ces rituels, on use de la fumée sacrée pour nettoyer les pensées négatives liées à une personne ou un lieu. Les amérindiens ont un lien profond avec la sauge blanche : avant la récolte, ils veillent à laisser la racine intacte et récitent une prière de gratitude. Lorsqu’on parle de smudging (purification par la fumée), c’est d’ailleurs aux pratiques des premiers peuples d’Amérique du Nord que l’on se réfère. 

Avec la période post-covid, on a pu observer une grande vague de bien-être et spiritualité se démocratiser via les réseaux sociaux. Nous vivons une période trouble, et beaucoup de gens cherchent un sens à leur parcours. Si cette vague peut être vue de manière très positive, la surabondance de contenu lié à la spiritualité a contribué à populariser la sauge blanche et le palo santo. La demande a donc explosé, nuisant à l’environnement et aux populations auxquelles elles sont liées.

Les conséquences de la commercialisation à grande échelle 

Depuis la période du covid, la demande en palo santo et sauge blanche a augmenté exponentiellement. On en trouve aujourd’hui très facilement sur internet, via des sites comme Amazon, Etsy ou encore Goopy. Cependant, peu de gens prêtent attention au contexte et l’origine des rituels, ou encore la durabilité de la récolte de ces végétaux.

La très forte demande en Palo Santo a favorisé des modes d’approvisionnement non durables, qui sont préjudiciables pour l’environnement où vivent les populations locales et pour l’écosystème dont dépend le Bursea graveolens. Beaucoup d’entreprises récoltantes ne font pas attention à préserver ce fragile équilibre, que les feux de forêt détruisent déjà un peu plus chaque année. En conséquence, cette surexploitation impacte l’agriculture locale, et raréfie cet encens sacré dont dépendent des rituels fondamentaux pour ces communautés. La Sauge blanche est victime du même phénomène : la surexploitation ajoutée aux feux de forêt récurrents sont très nocives pour la durabilité de ce végétal, ainsi que la biodiversité qui lui est liée. Les chamans amérindiens peinent aujourd’hui à se procurer cette salvia alpana, pourtant essentielle dans la réalisation de leurs cérémonies traditionnelles.

Une des raisons pour lesquelles tant de consommateurs achètent de la sauge blanche et du palo santo sans se soucier de l’origine des produits tient probablement à une idée reçue. Le monde de la spiritualité est mû par une éthique inaliénable. Pourtant, la commercialisation de consommables spirituels nous prouve le contraire. Les tendances ont des conséquences, qu’il s’agisse de spiritualité ou non.

La spiritualité moderne et le bien-être : les tendances ont des conséquences

Il existe un problème dans la manière dont l’Europe vit cette spiritualité post-covid. Avec le fleurissement de boutiques en ligne et autres comptes Instagram, on nous vend une vision de la spiritualité consommable, du prêt-à-ritualiser qui nous évite bien souvent de nous intéresser aux rites, cultures et contexte liés à ces produits miracle. Lorsqu’on achète de la sauge, on cherche une solution immédiate à un problème spirituel, une connexion facile avec le divin en évitant tout rituel, toute pratique de protection laborieuses et qui nécessitent pour certaines d’être initié à certaines spiritualités spécifiques.

Cette approche “à la carte” flirte avec l’appropriation culturelle, sans nous inciter à accéder à l’éducation nécessaire au respect des cultures et traditions afin d’éviter de les dénaturer. Car ce phénomène ne concerne pas que le palo santo et la salvia apiana. Un tourisme spirituel s’est par exemple développé autour de l’ayahuasca. Cette préparation à base de plantes hallucinogènes est connue pour offrir des voyages chamaniques très puissants. Lorsqu’elle est consommée avec un chaman, dans le cadre de rituels spécifiques et à la suite d’un jeûne d’une semaine, l’ayahuasca peut aider à guérir certains traumatismes par exemple.

Mais ces dernières années, une mode s’est développée autour de cette expérience, et un business florissant a suivi. Un grand nombre de touristes font le voyage pendant quelques jours, afin de vivre l’expérience. Outre l’impact carbone, la préparation n’est pas forcément consommée dans le cadre des cérémonies traditionnelles, ni administrée par des chamans initiés. En conséquence, les plantes nécessaires à la préparation de l’ayahuasca se raréfient, et plusieurs accidents ont eu lieu, pour certains mortels.

La spiritualité éthique : réfléchir à privilégier des pratiques durables

Une grande leçon que nous avons à apprendre des spiritualités autochtones, c’est cette notion de responsabilité collective pour préserver la nature. Des Aborigènes en passant par les Amérindiens ou encore les Inuit, cette valeur est au cœur de leur philosophie. Et nous pouvons nous aussi continuer à pratiquer en conscience, tout en évitant de se laisser aller à cette culture de la commodité. Tout d’abord, il n’est pas forcément question de se passer de smudging : une première alternative est de vérifier la provenance de la sauge. La production est-elle raisonnée ? Respecte-t-elle l’environnement et les populations locales ? Il existe des producteurs durables, si on ne veut pas se passer de salvia.

Ensuite, il est bon de garder en tête que ces végétaux ne sont pas des produits destinés à notre bien-être, mais des composantes profondes de traditions et pratiques liées à des communautés bien spécifiques. À ce titre, un grand nombre de cultures pratiquent aussi la fumigation depuis la nuit des temps, et nous avons nous aussi des végétaux qui peuvent tout à fait remplacer le palo santo et la sauge blanche. Le laurier, le romarin, la lavande ou encore la sauge commune sont tout aussi efficaces, et ne coûtent rien si elles sont cueillies. Pourquoi ne pas inclure à votre routine spirituelle la confection de bâtons de fumigation maison ? En tous les cas, un principe est à retenir. En pratiquant en conscience de l’environnement, des rites et de la réalité de notre monde, on s’offre une connexion plus profonde avec le divin. Nous sommes tous une partie d’un tout, et le monde dans lequel nous vivons en est une composante non négligeable dont nous devons prendre soin…

Le Palo Santo et la Sauge blanche sont des végétaux sacrés pour plusieurs communautés autochtones. Que ce soit en Amérique latine ou chez les natifs américains, ils sont liés à des pratiques spirituelles traditionnelles qui ont une résonance profonde avec ces peuples. Or, la culture du bien-être a très largement popularisé leur utilisation en Occident. Et la demande est devenue tellement forte qu’elle nuit désormais à l’écosystéme de ces plantes, ainsi qu’aux pratiques des chamans qui ont un véritable lien énergétique avec elles.

La pratique de la fumigation est répandue dans de très nombreuses cultures à travers le monde, et il existe bien d’autres alternatives au Palo Santo et à la Sauge blanche. En utilisant certaines plantes que l’on peut cueillir dans nos campagnes, on obtient les mêmes résultats pour presque rien ! Et on fait un geste considérable pour l’environnement au passage.

Êtes-vous prêts à utiliser d’autres plantes dans vos pratiques spirituelles incluant des fumigations ? Si vous le faites déjà, quel végétal utilisez-vous ? Dites-moi tout en commentaire !

2 réponses à « Le palo santo, la sauge blanche et leur impact écologique »

  1. wow!! 34Le palo santo, la sauge blanche et leur impact écologique

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  2. […] Faites un grand ménage de printemps ! De la manière qui vous plaira, vous pouvez effectuer un tri, un nettoyage ou une purification de votre maison. Profitez-en pour vous occuper des endroits, objets à nettoyer, débarrassez-vous de vos affaires inutiles pour faire sortir les énergies négatives accumulées pendant l’hiver. Vous pouvez faire cette lustration par l’eau, ou via une fumigation à laquelle vous pouvez ajouter un éventail. Pour le choix de vos plantes, évitez simplement la sauge blanche ou le palo santo : j’ai écrit un article sur le sujet de leur impact écologique désastreux.  […]

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