A-t-on raison de se méfier de cette célèbre planchette de communication avec les esprits ?
Esprit es-tu là ? Cette fameuse phrase, nous l’avons tous déjà entendue quelque part. Et je pense ne pas me tromper en affirmant que presque tout le monde sait ce qu’est une planche Ouija. Cet outil, né à l’époque de l’âge d’or du spiritisme, a pris peu à peu une image maléfique avec sa représentation dans des films tels que l’Exorciste, passant d’outil de communication avec ses proches disparus à un rituel dangereux, pouvant potentiellement invoquer des forces surnaturelles néfastes.
Mais au fond, qu’en est-il vraiment ? De nos jours, on parle sur internet des conséquences dramatiques des séances qui ont mal tourné, mais il faut dire que ces histoires collent parfaitement à l’engouement autour des thread horreur et autres témoignages paranormaux. Et ces récits, ne sont-ils pas un peu exagérés, par amour du sensationnel ? Dans les faits, le ouija est-il réellement un jeu dangereux ? Faisons un petit tour d’horizon des faits, et de la réelle dangerosité de cette planche si célèbre.
Quel est le principe du Ouija ?

Pour commencer, la pratique du ouija est directement associée à celle du spiritisme, qui consiste à communiquer avec les esprits des défunts de différentes manières. Le Ouija en est une, qu’on peut considérer comme l’un des outils les plus célèbres. Il s’agit d’une planche en bois sur laquelle sont gravés les lettres de l’alphabet, les chiffres de 0 à 9, ainsi que les mots oui, non et au revoir. On place dessus un morceau de bois, que l’on nomme la goutte. C’est ce petit objet mobile qui sera au centre des échanges avec l’entité appelée.
Pour utiliser une planche, on prépare ce qu’on appelle une séance, que l’on doit d’abord ouvrir d’une manière que je ne préciserai pas ici. Ensuite, on demande à un esprit présent de se manifester, à qui on posera des questions. Celle-ci déplacera la goutte pour répondre aux questions, par oui, non, ou en épelant un mot spécifique. Une fois la séance terminée, on la referme sans oublier de remercier la présence pour ses réponses, et on prend congé.
Quelle est l’histoire de la planche Ouija ?

L’origine de notre planche remonterait aux années 1840, en plein boom du mouvement spirite. Son nom a été inventé en 1890 par une médium, Helen Peters : oui-ja, soit deux fois l’affirmative en français et en allemand. Selon la légende, le mot ouija aurait été dicté par la planche elle-même, mais rien ne prouve que la légende soit vraie. Une chose est sûre, le beau-frère de Peters, Eljah Bond a rapidement décidé de commercialiser l’objet, via son entreprise Kennard Novelty Company. Après un premier brevet, un rachat et la mort du second propriétaire des droits d’exploitation de la planche, ils seront finalement cédés à Parker Brothers puis à Hasbro qui commercialise depuis la ouija comme un jeu de plateau…
Il faut comprendre l’utilisation de la planche s’est généralisée dans un contexte bien précis. En 1865, les Etats-Unis sortent tout juste de la Guerre de Sécession. La plupart des familles sont frappées par le deuil, et le recours au spiritisme était un moyen appréciable, voire indispensable pour accompagner ce processus. Peu à peu, la ouija a pris un visage célèbre : celui de l’outil bienvenu pour contacter l’au-delà, source d’émerveillement et de spectaculaire. La planche s’est parée de mystère, parce qu’elle rendait palpable un monde invisible.
C’est dans les années 1960 que l’image de la planche Ouija a radicalement changé. Des événements tragiques comme les meurtres de la Manson family, des films comme l’Exorciste ou encore la panique satanique ont associé l’objet à des événements dramatiques ou des films d’horreur, noircissant peu à peu son image auprès du grand public. Peu à peu, le ouija est devenu synonyme de risque, son utilisation pouvant potentiellement mettre les participants d’une séance face à une créature démoniaque à la puissance hors de leur contrôle.
Les dangers de la planche Ouija : fiction, ou réalité ?
Le réel danger lié à la planche de Ouija, il se situe probablement dans le riche folklore horrifique qui s’est tissé autour de cet objet, associé à sa démocratisation. En effet, quel ado n’a jamais essayé de faire du spiritisme, pour le frisson que procure une séance ? Beaucoup de gens aujourd’hui s’essayent à la pratique par goût des sensations fortes, ou pour se faire peur. Et il est vrai que les témoignages de séances terrifiantes pullulent sur le web, et peuvent donner envie aux afficionados du risque et du spectaculaire.
Pourtant, on peut dire que le problème réside dans cet état de fait. Lorsqu’on parle de spiritualité, l’intention est fondamentale. Un exemple ? Communiquer avec un défunt pour l’accompagner vers la Lumière ou apaiser le deuil d’un de ses proches peut s’avérer nécessaire et bénéfique. En revanche, user de la planche Ouija “pour voir” ou pour se faire peur présente de forts risques d’engendrer des conséquences négatives pour son utilisateur. Car encore une fois, un folklore terrifiant teinté de méfiance chrétienne est fortement lié à l’utilisation de cet objet. Et cet attrait horrifique autour des séances de spiritisme peut amener de réelles expériences difficiles : par le pouvoir de la suggestion, on peut attirer des forces que l’on ne souhaiterait absolument pas rencontrer, croyez moi !

Alors, la planche Ouija est-elle dangereuse ou pas ? En réalité, la réponse est probablement oui et non. L’utilisation initiale de l’objet n’est pas en soi une pratique dangereuse, mais l’univers horrifique qui lui est lié peut l’être. Comme d’habitude, l’important est dans l’intention : pourquoi faire du spiritisme ? Si la réponse n’est pas claire, évitez d’initier une séance. Et dans tous les cas, je vous conseille très fortement de le faire avec quelqu’un qui connaît très bien la pratique. On ne peut garantir l’identité de l’esprit avec lequel vous allez entrer en contact, alors il vaut mieux être préparés au cas où…
Et vous, avez-vous déjà joué au Ouija ? Racontez-le moi en commentaire !


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