Journal d’une thérapeute holistique – Chapitre 2 : Le burn-out

magnétisme vitré

Ou comment on finit par s’oublier à force de vouloir être là pour tout le monde

Elle arrive un mardi après-midi un peu trop ensoleillé dans mon cabinet de Vitré. Une jeune femme aux jolis cheveux bruns que j’appellerai Claire. Elle a quelques minutes de retard, et ce n’est pas grave. Mais elle s’en excuse presque immédiatement. Son sourire est là, mais il semble lui demander un effort considérable. Claire s’assoit face à moi, pose son sac à ses pieds et souffle profondément.

“ Je crois que je n’y arrive plus. “

Ces quelques mots, prononcés presque à voix basse, en disent parfois bien plus long qu’un récit entier. Je lui propose un thé, lui laisse le temps de s’installer. Ici, elle n’a rien à prouver, rien à réussir, personne à satisfaire. Elle peut simplement être là, sans avoir besoin de se justifier. Pourtant, même dans cet espace, Claire semble avoir du mal à s’autoriser à ralentir. Elle s’excuse de sa fatigue, de son manque d’énergie, de ne pas savoir exactement ce qu’elle ressent. Comme si elle devait encore faire des efforts pour mériter le droit de souffler.

Je connais ce mécanisme. Après 15 ans passés dans le socio-éducatif, je sais combien il peut être difficile de reconnaître ses propres limites lorsque l’on a pris l’habitude de répondre aux besoins des autres. Et c’est souvent ainsi que commence notre échange : par une personne qui ne sait plus comment continuer, mais qui ne sait pas non plus comment s’arrêter.

L’entretien : quand le corps et le mental disent stop

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Peu à peu, la jeune femme me raconte son quotidien. Elle aime son travail, ça c’est évident. Elle s’y est toujours investie pleinement. Claire aime se sentir utile, apporter des solutions, être celle sur qui l’on peut compter. Ses collègues viennent naturellement vers elle lorsqu’ils rencontrent une difficulté. À la maison, elle est également celle qui pense aux rendez-vous, organise les vacances, anticipe les courses et veille à ce que chacun ne manque de rien. Pendant longtemps, elle a été fière de cette capacité à tout gérer. Claire se sentait comme une superwoman, qui savait utiliser son énergie à bon escient.

Et si quelque chose se déroulait autrement que comme elle l’avait prévu, elle se disait qu’il suffisait de s’organiser un peu mieux, de dormir une heure de moins, de terminer ce dossier le soir ou de reporter ce moment pour elle à la semaine suivante. Après tout, tout le monde était fatigué, non ? Alors elle a continué. Les responsabilités ont augmenté. Les pauses sont devenues plus rares, les soirées plus courtes et les pensées professionnelles ont commencé à l’accompagner jusque dans son lit. Puis quelque chose a changé.

Elle s’est mise à pleurer pour des choses qui lui semblaient insignifiantes. Claire ! Elle cette femme qui avait toujours fait preuve de patience, s’est surprise à répondre sèchement à ses proches. Les tâches les plus simples lui demandaient désormais une énergie considérable. Lire un message, prendre une décision ou préparer un repas devenait parfois une montagne. Au travail, elle avait l’impression de ne jamais en faire assez. À la maison, elle culpabilisait de ne plus être aussi disponible. Et lorsqu’elle essayait de se reposer, elle pensait à tout ce qu’elle aurait dû terminer.

“ Je suis épuisée, mais je n’arrive pas à m’arrêter. Et quand je m’arrête, je culpabilise. “

therapeute holistique

Cette phrase-là me touche particulièrement. Parce qu’elle est symptomatique du problème. Combien de personnes attendent d’être complètement à bout pour s’autoriser enfin à reconnaître leur fatigue ? Combien pensent encore qu’il faut être capable de tout supporter, simplement parce qu’elles en ont toujours été capables jusqu’ici ?

Le problème, c’est que nous ne pouvons pas puiser indéfiniment dans nos ressources sans jamais prendre le temps de les reconstituer. Et lorsque nous avons construit une partie de notre identité autour de notre capacité à aider, à travailler, à donner et à réussir, ralentir peut devenir terriblement difficile.

Le burn-out, qu’est-ce que c’est exactement ?

Définition et manifestations

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, ne se résume pas à une simple fatigue après une semaine chargée.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il résulte d’un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré. Dans sa classification internationale des maladies, la CIM-11, l’OMS le décrit à travers trois dimensions principales :

  • Un épuisement profond, physique et émotionnel.
  • Une prise de distance mentale vis-à-vis du travail, qui peut se traduire par du cynisme ou une vision de plus en plus négative de son activité.
  • Un sentiment de perte d’efficacité professionnelle et d’accomplissement.

Il faut savoir que le burn-out est un phénomène lié spécifiquement au contexte professionnel. Il n’est pas classé comme une maladie en tant que telle dans la CIM-11. Mais cela ne signifie évidemment pas qu’il faille minimiser ses conséquences. Simplement qu’il s’agit d’un spectre dépressif, plutôt qu’une dépression à proprement parler. C’est plus large que ce qu’on s’imagine.

L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) décrit des manifestations qui peuvent toucher différentes dimensions de la vie :

  • fatigue persistante,
  • troubles du sommeil,
  • difficultés de concentration,
  • irritabilité,
  • perte de confiance en soi,
  • repli sur soi
  • ou encore désengagement professionnel.

Ces signes ne sont pas spécifiques au burn-out et peuvent avoir d’autres causes. Ils méritent donc d’être pris au sérieux et, lorsqu’ils persistent, d’être évalués par un professionnel de santé.

Publics concernés et facteurs de risque

Le burn-out ne concerne pas uniquement les personnes qui occupent des postes à haute responsabilité. Il peut toucher différents métiers, notamment ceux qui impliquent un engagement personnel ou émotionnel important. C’est pourquoi les soignants, les enseignants ou les travailleurs sociaux sont particulièrement concernés. Et contrairement à certaines idées reçues, il ne suffit pas d’être moins organisé, de manquer de volonté ou de ne pas savoir gérer son stress pour en arriver là.

L’INRS identifie notamment plusieurs facteurs de risque liés au travail :

  • la surcharge,
  • la pression temporelle,
  • le manque d’autonomie,
  • l’insuffisance du soutien social,
  • le sentiment d’injustice
  • et l’insécurité professionnelle.

Autrement dit, le burn-out ne peut pas être compris uniquement à travers les caractéristiques d’une personne. Les conditions dans lesquelles elle travaille jouent également un rôle essentiel.

Le piège des personnes qui donnent beaucoup

Au fil de notre échange, une question me vient : à quel moment a-t-elle cessé de s’écouter ? Claire ne sait pas vraiment me répondre. Elle se souvient pourtant de certaines étapes. Cette première fois où elle a accepté une mission supplémentaire alors qu’elle n’avait déjà plus le temps de terminer les précédentes. Ce déjeuner sauté pour répondre à une urgence. Cette soirée passée à travailler alors qu’elle avait promis de profiter de ses proches. Sur le moment, chaque décision lui semblait raisonnable. Elle voulait bien faire, ne pas décevoir.

Mais les périodes difficiles ont parfois cette particularité : lorsqu’on ne change rien à ce qui les provoque, elles finissent par devenir notre quotidien. Je rencontre souvent, dans le domaine de l’accompagnement, des personnes qui ont développé une grande capacité à percevoir les besoins des autres, tout en ayant du mal à identifier les leurs.

Ces anges gardiens savent écouter, rassurer, organiser, anticiper. Ils remarquent immédiatement lorsqu’un proche ne va pas bien. En revanche, lorsqu’il s’agit de reconnaître leur propre épuisement, elles trouvent mille raisons de le relativiser. Et quant à leurs besoins, ils les reportent à plus tard. Mais quand tout sera-t-il réellement terminé ? Il y aura toujours un dossier à rendre, une personne à aider, une tâche à accomplir ou un imprévu à gérer.

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Et il est important de le rappeler : être une personne généreuse ne devrait pas signifier s’épuiser pour les autres. Être consciencieux ne devrait pas imposer de sacrifier sa santé. Aimer son métier ne devrait pas obliger à accepter des conditions de travail qui nous abîment. Nous avons parfois appris à associer notre valeur à ce que nous faisons, à ce que nous apportons et à ce que nous sommes capables de supporter.

Pourtant, notre valeur ne diminue pas lorsque nous avons besoin de repos. Réapprendre à s’écouter avant de ne plus avoir le choix

Face à cette femme, je ne cherche pas à lui proposer une liste de dix choses à faire pour aller mieux. Elle en fait déjà suffisamment. Je l’invite plutôt à prendre un instant pour observer ce qui se passe en elle, sans chercher immédiatement à corriger quoi que ce soit.

Comment se sent-elle, là, maintenant ?

Que remarque-t-elle dans son corps lorsqu’elle évoque son travail ? Quelles émotions apparaissent lorsqu’elle parle de ses responsabilités ? De quoi aurait-elle besoin si, pour une fois, elle ne se demandait pas ce que les autres attendent d’elle ? Au début, les réponses sont hésitantes. Elle a appris à fonctionner, à avancer, à résoudre les problèmes. Mais lorsqu’il s’agit de parler de ses propres besoins, elle semble manquer de repères.

Nous évoquons alors de petites choses, non pas comme des solutions miracles au burn-out, mais comme des pistes pour commencer à remettre de l’attention sur elle-même. Peut-être pourrait-elle identifier les moments où sa fatigue devient particulièrement importante. Peut-être pourrait-elle reconnaître les tâches qui dépassent ses capacités actuelles, plutôt que de chercher systématiquement à les absorber. Peut-être pourrait-elle exprimer à son entourage qu’elle ne va pas bien et qu’elle a besoin de soutien.

Et surtout, elle pourrait commencer à envisager qu’elle n’a pas à traverser cette situation seule. Car il faut être clair : le repos, les exercices de relaxation ou les pratiques de bien-être ne remplacent pas une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire, ni les changements indispensables dans les conditions de travail. En cas d’épuisement important, consulter son médecin traitant permet d’évaluer la situation et d’envisager un accompagnement adapté. Le médecin du travail peut également contribuer à identifier les difficultés professionnelles et à réfléchir aux aménagements nécessaires.

Il ne s’agit donc pas seulement d’apprendre aux individus à mieux supporter leur quotidien. Il faut également s’interroger sur ce qui, dans ce quotidien, les conduit à l’épuisement.

Le Soin Signature : s’offrir un espace pour souffler

Lorsque l’on se sent dépassé depuis longtemps, il peut devenir difficile de savoir par où commencer. On aimerait retrouver son énergie, comprendre ce qui nous arrive, apaiser ses émotions et réussir à prendre du recul. Mais parfois, le simple fait de réfléchir à tout cela demande déjà trop d’efforts. C’est notamment pour répondre à ces besoins que j’ai créé mon Soin Signature. Et c’est ce que j’ai proposé à Claire, ce jour-là. Un espace pour souffler, avant de solliciter l’aide dont elle a réellement besoin.

Je propose un accompagnement personnalisé, construit à partir de la situation et des besoins exprimés par chaque personne. Selon les problématiques abordées, différentes approches peuvent être mobilisées, parmi lesquelles le magnétisme, les soins énergétiques, l’EFT, l’hypnose, la PNL ou la sonothérapie. L’objectif est de proposer un espace où la personne peut prendre du temps pour elle, mettre des mots sur ce qu’elle traverse et explorer des pistes de mieux-être adaptées à sa situation.

Cet accompagnement ne prétend pas guérir le burn-out et ne se substitue pas à un suivi médical ou psychologique. Il peut s’inscrire, pour les personnes qui le souhaitent, dans une démarche complémentaire de bien-être. Car retrouver un équilibre ne consiste pas nécessairement à redevenir la personne que l’on était avant. Parfois, c’est aussi apprendre à fonctionner autrement. À reconnaître ses limites. À revoir certaines priorités. À comprendre que dire non n’est pas forcément abandonner quelqu’un, et que prendre soin de soi ne signifie pas prendre moins soin des autres.

C’est un chemin qui demande du temps, de la douceur et, bien souvent, du soutien. Et si tu n’attendais pas d’être à bout ?


Je repense à cette femme et à ces mots qu’elle a prononcés :

“ Je crois que je n’y arrive plus. “

Il y a, dans cette phrase, beaucoup de fatigue. Mais il y a aussi quelque chose d’important : elle a poussé la porte de mon cabinet. Elle a commencé à parler. Elle a accepté de reconnaître que quelque chose n’allait plus. Et parfois, le premier pas consiste simplement à cesser de prétendre que tout va bien, accepter que notre corps, nos émotions et notre esprit ne puissent pas répondre indéfiniment à toutes les sollicitations. Nous ne sommes pas obligés d’attendre l’effondrement pour demander de l’aide.

Si tu te reconnais dans ces lignes, si tu as le sentiment de fonctionner en permanence sur tes dernières réserves, si ton sommeil, ta concentration ou tes émotions deviennent difficiles à gérer, ne reste pas seul face à cette situation. Parles-en à ton médecin ou à un professionnel de santé qui pourra t’orienter. Tu n’as pas besoin de prouver que tu es suffisamment épuisé pour mériter d’être aidé.

Et si tu ressens simplement le besoin de t’accorder un temps pour toi, de faire une pause et d’explorer une approche de bien-être complémentaire, tu peux également venir échanger avec moi sur ce qui pourrait te convenir. Prendre soin de soi n’est pas une récompense que l’on obtient après avoir terminé toutes ses tâches. C’est un besoin qui mérite sa place dans notre quotidien.

Parce qu’au fond, la question n’est peut-être pas de savoir combien de temps encore nous pouvons tenir. Mais plutôt de nous demander : et si nous apprenions enfin à ne plus avoir besoin de nous épuiser pour nous sentir utiles, aimés ou légitimes ?


Si tu souhaites pousser la porte de mon cabinet à Vitré, je t’invite à me contacter pour échanger sur tes besoins et découvrir les accompagnements que je propose. Prends soin de toi. Tu comptes aussi.

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